Réussir ses premiers pas avec l’alimentation mixte pour bébé

Bien que de nombreux organismes et professionnels de la santé proposent l’allaitement maternel comme la meilleure option d’alimentation pour un nourrisson Écrit par Jade Magdaleno, matrone. , l’allaitement artificiel est parfois une option à envisager. Soit par nécessité, soit par simple choix.Cette lactation artificielle peut être réalisée à la fois exclusivement et en combinaison avec l’allaitement maternel, ce qui entraîne une lactation mixte.N’oubliez pas qu’en Espagne, selon l’Association espagnole de pédiatrie, à l’âge de 6 mois, 53,1 % des bébés sont nourris exclusivement avec du lait artificiel, 28,5 % avec du lait maternel et 18,4 % avec les deux, en lactation mixte.Vous pouvez donc constater que de nombreuses familles choisissent différents types d’allaitement. Et tous sont valables tant qu’ils sont la meilleure option pour le bébé et sa mère.Si vous envisagez l’allaitement mixte, car cela peut être une bonne option pour vous si vous ne pouvez pas allaiter votre bébé quand il en a besoin mais que vous ne voulez pas arrêter d’allaiter, dans cet article, je résous tous vos doutes et je vous explique comment vous pouvez le réaliser efficacement.

Qu’est-ce que l’allaitement mixte et pourquoi le choisir

L’allaitement mixte consiste à associer lait maternel et lait artificiel. Cette pratique découle soit d’une recommandation médicale, soit d’une volonté personnelle.

Dans certains cas, une prise de poids insuffisante amène les professionnels de santé à conseiller l’ajout de lait artificiel. Mais il faut le dire : la plupart du temps, ce n’est pas un manque de lait qui pose problème, mais plutôt une position ou une technique d’allaitement perfectible. Un accompagnement par un spécialiste, et souvent, la situation s’améliore rapidement. Parfois aussi, une supplémentation s’impose si un traitement médical incompatible avec l’allaitement maternel est nécessaire ou si une séparation temporaire empêche de nourrir au sein et qu’aucune réserve n’a été constituée.

Mais il n’y a pas que les raisons médicales. Beaucoup de femmes choisissent cette solution pour ne pas avoir à tirer leur lait, ou pour pouvoir partager les repas avec leur partenaire, ou encore en prévision d’une reprise du travail. Finalement, tant qu’aucune raison de santé ne s’y oppose, ce choix vous appartient. Écoutez-vous, faites abstraction des conseils non sollicités, et décidez ce qui vous convient.

Quand commencer et comment cela se met-il en place ?

L’allaitement mixte peut démarrer dès la naissance, s’il n’y a pas de contrainte médicale. Le calendrier dépend de votre situation et de vos préférences.

Retenez que la production de lait maternel s’ajuste à la demande du bébé. Si une partie de ses besoins est couverte par du lait artificiel, le sein produira moins. Plus le bébé grandit, plus ses besoins augmentent, mais si ces besoins sont comblés par ailleurs, la production maternelle ne suit pas la même progression.

Selon votre objectif, la manière d’introduire le lait artificiel diffère :

  • Pour réduire ou arrêter progressivement l’allaitement maternel, commencez chaque repas par le biberon, puis proposez le sein si vous le souhaitez. Ou bien, alternez entre repas au sein et repas au biberon uniquement.
  • Pour maintenir l’allaitement le plus longtemps possible et, si possible, revenir à l’exclusivité du sein : donnez le sein à chaque tétée, puis complétez avec du lait artificiel uniquement si le bébé le réclame encore. La nuit, privilégiez systématiquement le sein : la production de prolactine, l’hormone qui stimule la lactation, est alors maximale.

Si votre objectif est de déléguer une partie des repas, il faut savoir que votre production lactée diminuera avec le temps. Pour limiter cela, il est préférable d’offrir le sein en premier, puis le biberon. Beaucoup de mères hésitent entre préserver l’allaitement à tout prix et faciliter leur organisation familiale en impliquant un proche. La décision n’appartient qu’à vous.

Quelques conseils pour que tout se passe au mieux :

  • Choisissez une tétine adaptée à l’âge de votre bébé.
  • Remplacez la tétine dès les premiers signes d’usure ou selon les préconisations du fabricant.
  • Lorsque vous donnez le biberon, gardez le contact : regardez votre enfant, parlez-lui, caressez-le. Ce sont ces rituels qui nourrissent le lien, peu importe le lait choisi. William Sears, spécialiste de l’attachement parental, l’a largement démontré.

Les experts rappellent que les laits de type 1 conviennent à tous les nourrissons, quel que soit l’âge. Les formules « étape 2 » ou « croissance » ne sont pas nécessaires même en cas d’alimentation mixte ou artificielle.

Avantages et inconvénients de l’allaitement mixte

Mal géré, l’allaitement mixte peut entraîner une baisse de la production de lait maternel. Mais déléguer certains repas à une autre personne vous libère du temps pour vous, votre travail, ou vos autres enfants. À nuancer cependant : préparer le lait, laver les biberons, stériliser… tout cela prend du temps, là où le sein est toujours prêt. Sans oublier le coût du lait artificiel et des accessoires : biberons, tétines, stérilisateurs, chauffe-biberons…

À l’inverse, la lactation mixte permet au bébé de bénéficier des nutriments et des défenses immunitaires spécifiques au lait maternel, que le lait industriel ne reproduit pas. Pour la santé de la mère, maintenir un allaitement partiel réduit certains risques, comme le cancer du sein ou l’ostéoporose. Chez l’enfant, le risque d’obésité, d’infections ou de diabète diminue aussi.

Combien de lait un bébé doit-il boire selon son âge ?

« Est-ce qu’il mange assez ? » : cette question revient dans la tête de toutes les mères, parfois plusieurs fois par jour. Avec l’allaitement maternel, impossible de mesurer la quantité ingérée à chaque tétée, ce qui nourrit l’incertitude. Pourtant, dans la majorité des cas, si un professionnel a écarté un véritable déficit de production, le manque de lait est rare. Le doute vient plutôt de notre environnement, toujours prompt à juger, et d’une culture où l’enfant grassouillet est vu comme en bonne santé.

Se fier aveuglément aux quantités indiquées par les fabricants de lait infantile peut être trompeur. Si votre bébé réclame plus que ce qui est écrit sur la boîte, c’est son besoin du moment. S’il s’arrête avant, c’est qu’il est repu. Ce qui compte réellement : le tonus du bébé, la couleur de ses urines (claires ou jaune pâle), la fréquence des couches mouillées et des selles. Un bébé bien nourri est éveillé, actif hors de ses temps de sommeil, et mouille régulièrement ses couches.

Restez attentif à la couleur de l’urine : sombre, elle peut signaler une déshydratation. Les selles, elles, changent avec l’introduction du lait artificiel : elles deviennent généralement plus fermes et parfois moins fréquentes. Si leur nombre chute brutalement, c’est le signe d’une diminution de la prise alimentaire.

Pourquoi un bébé peut-il finir par refuser le sein ? Peut-on éviter ce phénomène ?

Imaginez : devant vous, un ananas entier et un bol de noix déjà décortiquées. Lequel choisirez-vous si vous avez faim ? Le sein, c’est l’ananas, le biberon, les noix. Au début de la tétée, le bébé doit téter rapidement pour déclencher l’éjection du lait. Une fois celui-ci libéré, la succion ralentit. Avec une tétine, le lait coule sans effort, le bébé n’a qu’à aspirer doucement.

Peu à peu, il comprend que le biberon demande moins d’énergie pour un résultat plus rapide. Il risque alors de délaisser le sein, ce qui n’est pas sans conséquence : l’effort de la tétée est utile pour le bon développement de sa mâchoire.

Si la supplémentation en lait artificiel est temporaire et que vous souhaitez revenir à un allaitement exclusif, privilégiez la tasse, la cuillère ou la seringue pour donner le complément. Si le recours au biberon doit durer, il existe une méthode pour limiter ce risque : la méthode Kassing :

  • Installez votre bébé en position assise, bien verticale.
  • Choisissez une tétine souple, longue, ronde et non anatomique.
  • Tenez le biberon à l’horizontale, en veillant à ce que le mamelon soit toujours rempli de lait, sans air.

Méthode Kassing pour donner la bouteille

Ce protocole ralentit le débit et incite le bébé à fournir un effort proche de celui de l’allaitement. Retirez aussi le biberon toutes les huit à dix succions, pour qu’il perçoive la sensation de satiété. Le lait industriel, plus concentré en nutriments, favorise la prise de poids, d’où l’importance de respecter l’appétit du bébé, sans le forcer.

Lien entre allaitement mixte et allaitement exclusif

Parfois, l’allaitement mixte marque une étape avant un retour à l’allaitement maternel exclusif. Le soutien d’une sage-femme est alors précieux. Par exemple, si la prise de poids du bébé est insuffisante, il s’agit d’abord d’optimiser la technique de tétée et d’identifier ce qui peut être amélioré.

La relactation, c’est-à-dire la reprise de la production de lait même après un arrêt, est possible, y compris chez des femmes n’ayant jamais porté d’enfant, comme dans le cas de certaines familles homoparentales ou d’adoption. Les solutions existent, mais elles demandent une grande motivation et de la rigueur. Pour accompagner ce processus, un tire-lait sera indispensable.

Le principe : augmenter la stimulation pour relancer la production. À chaque tétée, proposez le sein, et réservez le biberon pour compléter, et non l’inverse. Un tire-lait double et électrique sera plus efficace, mais même un modèle simple peut suffire. Certaines pharmacies ou centres de santé proposent des locations ponctuelles.

La méthode la plus répandue, l’extraction intensive, se déroule ainsi :

  1. Tirez votre lait sur les deux seins pendant 10 minutes, toutes les 45 minutes à une heure. La nuit, espacez à toutes les 4 à 6 heures.
  2. Visez au moins 8 tétées au sein et 10 sessions de tire-lait par jour.
  3. Quand vous obtenez 15 à 20 ml à chaque heure, passez à des séances de 20 minutes toutes les deux heures.
  4. Dès que vous atteignez 40 ml toutes les deux heures, réduisez à 6 à 8 séances de 30 minutes par jour.

D’autres techniques existent, à adapter selon votre rythme et vos besoins.

Dernières pistes pour avancer

L’allaitement mixte offre une voie réaliste et légitime pour nourrir votre bébé, que ce soit sur le long terme ou en transition vers un autre mode d’alimentation. Plusieurs chemins s’ouvrent à vous : choisissez celui qui colle à votre quotidien et à vos convictions. Et surtout, gardez à l’esprit que votre sage-femme reste l’alliée idéale pour vous guider dans ces choix.
Dans cette aventure, chaque famille invente son équilibre. À chacun ses repères, à chaque bébé sa trajectoire, et c’est ainsi que se dessinent les plus belles histoires de nourrisson.

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